La chaux

Matière généralement poudreuse et de couleur blanche, obtenue par calcination du calcaire, industriellement dans un four à chaux et utilisée depuis l'Antiquité.

Nous ne pouvons parler de restauration de patrimoine sans évoquer la chaux.

Qu'est-ce que la chaux ? Pourquoi la chaux ? Et quelles chaux ?

Trois questions de base essentielles pour apprécier vos murs d’antan. Sans être exhaustifs, les chapitres développés, ci-après, permettront de mieux comprendre la mise en œuvre d'un projet de restauration.

Mais avant de répondre à ces questions, nous traiterons d'un peu d'histoire.

Le principe qui consiste à calciner ou « brûler » une pierre pour en extraire un composant meuble que l'on pourra reconstituer ensuite a probablement été d'abord découvert avec le gypse qui, en étant chauffé à 120 °C, donne du plâtre. Ce matériau plus facile à obtenir a été découvert avant la chaux, mais des mélanges plâtre et chaux sont utilisés comme support de peinture murale en Égypte dès 2 600 ans avant J-C.

Des constructions en chaux sont ensuite apparues, jusqu'à être utilisées dans toutes les constructions romaines, des habitations aux aqueducs en passant par les thermes. C'est d'ailleurs la chaux qui a donné son nom au calcaire, qui vient du latin calcarius, « qui contient de la chaux » et calx, calcis, la chaux. Les Romains obtenaient une sorte de chaux hydraulique en rajoutant de la pouzzolane ou des tuiles et des briques concassées.

Des nombreuses techniques d'application, utilisées à l'époque romaine, ont traversé le Moyen Âge. Hormis le mortier de terre, le mortier de chaux est resté quasiment incontournable dans le bâti jusqu'à l'invention du ciment moderne au milieu du XIXe siècle. Il a rapidement remplacé la chaux dans toutes les constructions modernes en raison d'une rigidité plus importante et surtout d'un coût moindre : parpaings de ciment, béton...

La chaux connait au début du XXIe siècle un regain d'intérêt. En effet le ciment est incompatible avec la maçonnerie de bâtis anciens en moellons, pierres de taille, torchis ou pisé. Le ciment étant un matériau rigide et imperméable à l'air, il ne convient pas à une maçonnerie traditionnelle qui nécessite de la souplesse et d'être perméable à la vapeur d'eau. Cette perméabilité permet à une maçonnerie de s'assécher. L'eau, qu'elle absorbe par la pluie ou par les remontées capillaires, peut s'évacuer par ses joints à la chaux alors que dans le cas d'un mortier au ciment, le mur ne peut pas s'assécher et conserve l'eau qu'il a absorbé ce qui peut entraîner l'apparition de salpêtre, de mousses microscopiques, d'auréoles, de taches, et de coulures. Les crépis de façades anciennes réalisés au ciment pur ou au ciment bâtard (mélange de chaux et de ciment) nécessitaient la pose d’un grillage de renfort car le crépis de ciment finissait assez vite par se décoller de son support en matériaux anciens. Les nombreux désordres du bâti engendrés par de tel crépis ont fait rapidement revenir les maçons vers les crépis de façade à la chaux.